26 janvier 2009
Catallaxia.net
Voici quelques extraits de textes à lire absolument pour quiconque voudrait muscler un peu sa culture philosophique, historique et politique :
Friedrich Hayek, La route de la servitude
Philippe Nemo, Histoire des idées politiques
Philippe Bénéton, Le Fléau du Bien
Alain Laurent, Popper et Hayek sur la société ouverte
Guy Sorman, La révolution conservatrice américaine
Hanah Arendt, Eichmann à Jérusalem
Xavier Bebin, Pourquoi punir ?
Claude Allègre : Ma vérité sur la planète
Catallaxia c'est :
* 32 textes (complets ou extraits)
* des recensions de livres pour éclairer ceux qui n'ont pas encore lu un texte
* des bibliographies des textes d'un auteur
* des bibliographies sur des auteurs (littérature secondaire), des textes ou des sujets de la Catallopedia
* des pages de citations d'un auteur ou sur un sujet
Et à venir :
* des analyses critiques pour les personnes qui désireraient aller au-delà de leur lecture d'un texte, éventuellement quelques esquisses d'apparats critiques (notes, réception, etc.) pour accompagner la lecture d'un livre
* des recensions croisées de plusieurs textes traitant du même sujet
* des fiches de lecture de textes
11 janvier 2009
A. Laurent (Epilogue)
Suite et fin des notes de lecture sur le livre d'Alain Laurent.
Alain Laurent écrit : « Voir les sociétés ouvertes occidentales se muer progressivement et sans réagir en vastes zones molles "humanitaires" à paisiblement squatter et si tolérantes envers leurs nouveaux ennemis de l'extérieur, les voir aussi tellement réceptives aux idéologies du renoncement mais si peu aux mises en garde de la pensée de résistance, voici qui ne peut manquer d'interpeller leurs vrais partisans. »
La société ouverte contiendrait-elle dans sa structure, son fondement, un vice de forme ?
« Ne serait-elle même pas intrinsèquement porteuse d'une logique pouvant, si elle n'est pas accompagnée de contrepoids et d'une constante vigilance, finalement se retourner contre elle-même et la faire courir à sa perte ? »
La maladie (sénile) des sociétés ouvertes.
Le climat psycho-moral de l'époque en Occident, en Europe et particulièrement en France est à la "repentance". Se repentir d'appartenir à une société qui a recouru à l'esclavage, se repentir d'avoir été des colonialistes, se repentir d'être toujours des racistes, des xénophobes, des islamophobes. Se repentir, donc, d'être souillés par le péché originel d'être des Occidentaux. Bruckner a été le chef de fil de cette dénonciation "culpabilisatrice". Dans Sanglot de l'homme blanc, il se demande « comment la haine de soi est devenue le dogme central de notre propre culture", et pourquoi une société qui a éliminé le péché individuel cultive à ce point le sentiment d'une culpabilité collective...lugubrement stérile ». Cette culpabilité est de nature complètement irrationnelle. « Les Occidentaux actuels n'ont personnellement rien commis de répréhensif et ils ne sont pour rien dans l'esclavage et le colonialisme de jadis. » Mais les membres de la bien-pensance continuent de culpabiliser en employant le "nous de l'abject". Dans le même temps, ils prônent une culture de l'excuse vers tout ce qui n'est pas occidental (la racaille des banlieues, les transgressions alterculturelles, voire les auteurs des attentats islamistes...).
Cette obsession de la culpabilité dans nos sociétés ne témoigne-t-elle pas d'une maladie profondément insérée dans ces mêmes sociétés, un "masochisme moralisateur" (Finkielkraut, Valeurs actuelles, 07 10 05) ayant comme exutoire l'"antiracisme" et le "sans-frontiérisme"? De plus, de cette haine apparemment inexpiable de soi, l'idolâtrie de l'Autre représente sans doute la manifestation la plus troublante mais aussi la plus instructive. Ce manichéisme entre haine de soi et amour inconditionnel de l'Autre est la clé de la mystification :
« L'autre en soi, indifférencié et collectivisé, l'Autre sacralisé par une majuscule, tout simplement n'existe pas : ça ne veut strictement rien dire. Derrière ce qui n'est qu'une fiction et une abstraction, il n'y a que "les autres", des individus très différents les uns des autres - moins du fait de leurs "identités culturelles" respectives que de leurs dispositions personnelles à respecter (!) les autres cultures et consentir à culturellement s'adapter, s'intégrer, subvenir à leur propres besoins et au minimum ne pas troubler les pays d'accueil où ils décident d'émigrer. »
L'Occident, les français, ne rejettent donc pas un Autre imaginaire mais des autres qui ne veulent pas s'intégrer ou plutôt qui souhaitent imposer des modes de vie incompatibles avec les règles en usage dans nos sociétés ouvertes. Ce syndrome masochiste qui nous pousse à "aimer" de façon inconditionnelle ceux qui nous haïssent ressemble grandement au syndrome de Stockolm.
« L'"Occident" et l'"Islam" en sont venus à composer un couple antagoniste de type sadomaso ou fort/faible en termes nietzschéens sur le plan des valeurs comme sur celui des attitudes existentielles - et pas forcément toujours au passif du monde islamique. D'un côté et pour schématiser, la virilité volontiers belliqueuse, des mœurs largement patriarcales et machistes, un rigorisme qui ne doit pas cacher un socle intact de rigueur morale, le courage, les certitudes, la confiance en soi, la bonne conscience - et de l'autre, l'emprise émolliente des "valeurs féminines" (l'apaisement, l'indulgence...), le règne du maternitaire et de "Big Mother", la permissivité hédoniste quasi illimitée, le doute sur soi, la peur, l'auto-dénigrement et la mauvaise conscience... »
Il faut impérativement creuser la nature de ce mal occidental qui attaque nos sociétés ouvertes.
Ou bien ces sociétés ouvertes sont victimes d'un "agent pathogène" qui n'a rien à voir avec elles mais qui corrompt ses principes et valeurs - Freud dans Malaise dans la civilisation, évoque "un sentiment de culpabilité comme le problème capital du développement de la civilisation", ou bien c'est le principe d'ouverture lui-même qui est intrinsèquement en cause. Soit que mal conçu, il se trouve excessivement à la merci d'une interprétation biaisée, paroxystique (l'hyperouverture sans-frontiériste et multiculturaliste), qui refuse la fixation de limites régulatrices fermes applicables en fonction de l'hostilité de l'environnement ou de circonstances déstabilisatrices : à trop et indéfiniment s'ouvrir, on risque fort de se vider de sa substance. Il nous faut redéfinir la société ouverte pour en déterminer les conditions pratiques de possibilité et de sauvegarde.
La société ouverte : mode d'emploi
Pour défendre le modèle classique de la société ouverte (Popper, Hayek, Revel), il nous faut reposer quelques pistes fondatrices qui "réaffirment le caractère objectif de l'universalisme des droits de l'homme individuel..."
La société ouverte résulte de la dissipation de l'illusion groupale ou collectiviste : "la société ouverte en prend acte et tire les conséquences de ce que la nature humaine est fondamentalement individuée et individualisable, que l'individu est une réalité universelle objective et que sa nature d'être pensant et pouvant poursuivre des fins singulières, possédant la capacité de s'autodéterminer et librement choisir lui confère nécessairement des droits égaux, sans frontière ni considération d'"appartenance" ou de sexe, d'exercer cette liberté et la responsabilité personnelle qui lui est inhérente." Les actions dissidentes d'hommes et de femmes dans toutes les sociétés fermées qui existent témoignent de la force irréductible de l'individualité souveraine en quête de liberté.
Le corollaire de obligé de l'ouverture est développé par Hayek : « la consécration de la liberté individuelle et de la pluralité des fins a pour contrepartie et condition la reconnaissance effective par tous de la réciprocité, du respect mutuel de l'égalité des droits. » Il faut donc des règles du jeu, des règles générales de droit commun pour protéger et renforcer l'exercice de la liberté individuelle. Sans cette infrastructure juridico-institutionnelle qui ajuste les libertés individuelles les unes aux autres, la société ouverte demeure sans consistance. Ainsi, « plus une société s'ouvre, et plus il faut quelque part resserrer les boulons...car contrairement aux apparences et illusions, vivre en société ouverte ne signifie nullement le passage à une permissivité généralisée.... Les sociétés ouvertes sont viables parce qu'on y fait d'abord confiance à la responsabilité individuelle des gens, et que ceux-ci adhèrent au bien-fondé des règles de juste conduite qu'on leur a appris à intérioriser (l'éducation familiale et scolaire joue un rôle fondamental dans cet apprentissage). »
Une société ouverte doit donc demeurer fermée à tout ce qui menace l'exercice des libertés individuelles.
Conséquence de cette nécessaire fermeture à ce qui menace la société ouverte : il ne faut pas oublier que les sociétés ouvertes sont des territoires délimités par des frontières (Bruckner : « il faut être domicilié pour s'ouvrir sur l'extérieur et il est bon que les nations soient séparées pour exister »), ou encore des nations. Qu'est-ce à dire ? La référence à la nation est à manier avec prudence. Elle y divorce nécessairement de sa conception traditionnelle de type holiste, animiste et communautariste qui en fait une sorte de super-individu doté d'une "âme"... Et elle doit s'y séparer de tout ce qui peut servir d'alibi au nationalisme comme aux nationalisations, ou de support à une "identité nationale" figée et culturellement protectionniste... Mais elle demeure plus qu'opératoire : existentiellement indispensable et politiquement, démocratiquement vitale, en prenant le visage de la nation ouverte, réunissant éventuellement des nations antérieurement et historiquement séparées. Même si le monde ne se composait que de sociétés démocratiques avec des personnes respectueuses des vrais droits d'autrui, les frontières ne disparaitraient pas pour autant : elles cesseraient simplement d'être des clôtures pour devenir de simples interfaces distinguant des territoires nationaux. « Mais ce monde irénique n'existant pas, et les choses étant ce qu'elles sont au-dehors de l'Union et des sociétés ouvertes extra-européennes (conflictuelles, instables, invasives, culturellement trop hétérogènes), les frontières des nations ouvertes ne peuvent que demeurer, conservant leur fonction de sécurisation de l'ouverture interne. »
A l'intérieur de ces frontières, les citoyens n'ont qu'un seul droit, un droit souverain, en fait, celui de disposer démocratiquement d'eux-mêmes : "c'est la seule signification acceptable de la "souveraineté nationale." Ils n'ont aucune obligation à s'adapter culturellement aux nouveaux-venus. Réciproquement, un migrant n'a que deux droits : "celui de ne pas être l'objet de violences, et aussi de ne pas être rejeté a priori à cause de sa "race", de ses origines ethniques ou géographiques et de sa religion." Trigano : "L'immigrant est un demandeur. Il frappe à la porte d'une société dont il sollicite l'hospitalité. Rien, absolument rien ne lui est dû au départ." Le migrant aura des obligations vis à vis de cette société qui l'accueille : "subvenir à ses propres besoins et ceux de sa famille, respecter intégralement les institutions et lois en vigueur, faire l'effort de s'adapter au contexte local."
Mise en œuvre concrète de mesures pour appliquer ces principes régulateurs de la société ouverte :
- suppression des aides automatiquement accordées aux étrangers entrant illégalement dans une nation ouverte.
- expulsion sans états d'âme et manu militari si nécessaire des étrangers délinquants.
- suppression de toute subvention aux associations qui soutiennent l'islamisme et engagement automatique de poursuites contre les auteurs d'accusations abusives de "racisme", xénophobie" et "islamophobie".
- révision du droit du sol, sans bien sûr instituer ou revenir à un droit du sang inhérent aux sociétés closes, mais en instituant un droit contractuel.
- abandon de toute mesure de "discrimination positive" sur des bases ne serait-ce qu'implicitement ethno-raciales ou religieuse.
- Maintien intégral des principes de sécurité-laïcité et donc neutralité de l'Etat.
Avec ces mesures ou conditions, les sociétés ouvertes pourront devenir toujours plus multiraciales et accueillantes à une diversité culturelle individualisée et modérée. Ce pendant, soyons réalistes : nous sommes loin d'en être là. Quand bien même il y aurait un miraculeux retournement de nos gouvernants en faveur de ces mesures vitales, la virulence des ennemis extérieurs ne s'atténuerait pas, non plus que la suppression de flux migratoires alimentés par une surpopulation croissante et les déplacements massifs de réfugiés provoqués par l'éventuel réchauffement climatique. Qu'on le veuille ou non, les sociétés ouvertes occidentales se trouvent effectivement dans une position de "forteresse assiégée".
Et Barnavi de déclarer aux Occidentaux : « Il vous faudra réapprendre à faire la guerre. Il vous faudra vous armer de patience et de convictions, et tracer bravement la ligne de défense en deçà de laquelle vous ne pourrez ni ne voudrez reculer. » (2006), « il faut réapprendre le goût amer du conflit pour la défense des valeurs qui définissent ce que nous sommes et ce que nous voulons être. » (Le Monde 2, 9 décembre 2006). Dans ce contexte, les sociétés ouvertes n'ont guère le choix que d'établir des lignes de protection mais "une telle ligne de défense s'apparenterait plus à un barrage filtrant qu'à une muraille ou ligne Maginot."Cette stratégie de défense ne peut prendre son plein sens qu'à l'échelle géopolitique globale d'un nouveau "monde libre" alliant sociétés ouvertes occidentales et non occidentales, confirmées ou émergentes - autre visage de l'ouverture."
Conclusion
Le voyage au bout de l'ouverture, avec Revel : dans Comment les démocraties finissent, en 1983, il écrivait : « La démocratie aura peut-être été dans l'histoire un accident, une brève parenthèse qui, sous nos yeux, se referme. » Jugeant que la démocratie incline à méconnaître, voire à nier les menaces dont elle est l'objet, tant elle répugne à prendre les mesures propres à y répliquer. Et il observait qu' « à l'ennemi extérieur [...] s'ajoute pour la démocratie l'ennemi intérieur dont la place est inscrite dans ces lois-mêmes. » La démocratie ? : "une victime complaisante" et ce qui la distingue, cette démocratie « c'est son ardeur à étaler au grand jour sa croyance en sa propre culpabilité. »
Ainsi, « on est amené à redouter que la société ouverte n'ait été qu'une brève parenthèse dans l'histoire de l'Occident."(...) Pour que la société ouverte cesse d'être son propre fossoyeur et revienne à elle-même, il faudrait que la pensée de résistance parvienne à convaincre les aveugles volontaires à sortir de leur cécité et se ressaisir.... Sans doute faut-il davantage compter sur les ruses et les provocations du réel - et ses surprises imprévisibles. »
Vous pouvez retrouver l'ensemble des notes de lecture en parcourant les archives de décembre et novembre 2008. Vous trouverez un extrait significatif du livre, sur Popper et Hayek en cliquant ici
06 janvier 2009
Halte aux Feux

2 visions du conflit israélo-palestinien :
http://nicomaque.blogspot.com/2006/09/halte-aux-feux-2.html
01 janvier 2009
Le multiculturalisme : une perversion du pluralisme (ch.7 suite)
Selon Alain Laurent, « est visée par là une intolérance alléguée aux autres cultures que celles de la société d'accueil. » Ces autres cultures tendront à garder leur identité culturelle propre et surtout à l'imposer institutionnellement. Le multiculturalisme apparait donc comme le complément idéologique de l'antiracisme où tout se focalise autour de l'affirmation identitaire ethno-religieuse, valorisée et célébrée. Cette affirmation identitaire devient essentielle là où dans une société ouverte elle ne devrait être en fait que secondaire.
Là où coexistaient originellement des groupes ethniques très différenciés, le multiculturel va faire valider des revendications "alterculturelles" c'est à dire la culture de l'autre. Certaines de ces revendications, en outre, ne s'accordent pas avec les valeurs d'une société ouverte.
D’où l’avertissement d’Alain Laurent : « Il est essentiel de bien comprendre que tout gravite autour du multiculturalisme dans son acception idéologique. »
Ce courant de pensée a ses théoriciens, tous occidentaux : après les pères fondateurs nord-américains (Charles Taylor, Will Kymlicka, Michael Walzer...) sont venus les précoces épigones européens, d'Alain Touraine ("Pour une société multiculturelle", Le Monde, 8 Octobre 1990) à Thimoty Ash, Habermas ou Michel Wiervorka.
Dans leur optique, la pleine ouverture institutionnelle aux identités culturelles collectives et différenciées représente l'accomplissement de la logique pluraliste des sociétés ouvertes; de la première étape de la reconnaissance du fameux "droit à la différence", il est moralement et politiquement nécessaire de passer à celle d'une différence (au moins partielle) des droits à attribuer à des communautés à ancrage ethnique en vue de parvenir à une situation de coexistence pacifique entre cultures et particularismes.
"Minorités", "identité", "communautés", "diversité", "ethnicité" et "reconnaissance", "tolérance", "appartenances" - sans oublier le "respect" - composent l'idiome basique de ce qui constitue tout simplement une révolution culturelle d'extrême ampleur dans la conception commune du Droit propre aux sociétés fondées sur les valeurs égalitaires, individualistes et universalistes (Etats-Unis et Europe continentale hors Pays-Bas). Les instances supranationales européennes (Conseil de l'Europe, Cour des droits de l'homme, Commission de Bruxelle) sont les fers de lance de cette idéologie multiculturaliste.
On ne comprend pas pourquoi il faudrait bouleverser l'ordre institutionnel en attribuant de nouveaux droits collectifs ou statuts dérogatoires aux cultures qui s'intègrent dans une société ouverte. Le régime de droits et libertés individuels constitutionnellement garanti rend déjà possible de vivre ce pluralisme culturel limité à titre personnel ou en s'associant volontairement, dans la sphère privée ou civile. Lorsqu'il y a eu une tolérance, une ouverture à ce schème du pluralisme culturel (cf. le modèle anglo-canadien), l'expérience a démontré que le respect de l'état de Droit était continuellement exposé à des tentatives de transgression et de grignotage tendant à faire réviser les règles de juste conduite des sociétés ouvertes.
« A chacun sa culture et ce qu'elle prescrit : telle est la devise de la nouvelle société ouverte pluriculturelle. » (Alain Laurent)
Critiques du multiculturalisme
- en Amérique du Nord, tout d'abord, où il a été précocement pratiqué. Samuel Huntington dans The Clash of Civilisations and Remaking of the World Order (1996) amorce une critique du multiculturalisme face à l'identité occidentale des Etats-Unis et dit qu'il faut "faire taire les appels au multiculturalisme à l'intérieur de leurs frontières". Dans Who are we ? (2004), il écrit : "Ils ont encouragé les immigrants à préserver leur culture d'origine, leur ont octroyé des privilèges juridiques que l'on refuse aux natifs américains... Ils ont justifié leur démarche par des théories "multiculturalistes" alors que le multiculturalisme est fondamentalement contre la civilisation européenne; il s'agit d'une idéologie foncièrement anti-occidentale."
- chez les musulmanes libres, même constat : Ayaan Hirsi Ali : "En relativisant la morale et en affirmant l'équivalence des cultures, nombre [des intellectuels occidentaux] empruntent, sans même s'en apercevoir, les chemins de l'autodestruction." (Figaro Magazine, 18 novembre 2006). Ibn Warraq constate : « Le multiculturalisme, étant l'enfant du relativisme, est incapable de juger les cultures, d'établir une hiérarchie des valeurs culturelles. »
Si ces autres valeurs menacent nos propres valeurs, ne sommes-nous pas en droit de les combattre ? John Sentamu, archevêque d'York, originaire de l'Ouganda et numéro 2 de l'Eglise anglicane réprouve "une tolérance qui se tait devant les excisions et les mariages forcés" et se prononce pour "l'intégration des minorités ethniques" à la culture nationale." (anglaise en l'occurrence)
Ces critiques du multiculturalisme se fondent sur la défense de l'individu qui est éliminé par les valeurs multiculturelles
« Ce ne sont plus les individus qui, éventuellement, composent des communautés ou se constituent en communautés auxquelles ils adhèrent volontairement, mais des communautés ontologiquement premières qui, littéralement, "font" les individus en leur collant à la peau une identité collective, pas forcément choisie. » Cet individu perd complètement sa singularité, il est collectivisé par son identité culturelle et sa vraie liberté culturelle est réduite par son identité ethno-religieuse qui prime sur tout le reste.
Multiculturalisme et communautarisme s'impliquent mutuellement : Taguieff parle de "multicommunautarisme". En effet le multiculturalisme engendre des communautés, entités compactes, homogènes et conformistes du point de vue de la pensée. Ces communautés réagissent comme le ferait un seul individu. Elles deviennent sujets de droits comme des individus. Or la critique des américains est à ce propos très claire. Huntington : « Pour les Américains, le credo de la "religion civile" a longtemps signifié que les individus devaient être jugés en fonction de leurs qualités propres, indépendamment de leur appartenance religieuse ou de leur origine ethnique. »
Avec l'avènement du multiculturalisme, c'en est fini du primat des droits individuels. (Le Figaro, 19 janvier 2005) Le communautarisme apparait donc sous la forme d'une retribalisation sociologique spontanée qui se rigidifie grâce à l'apport d'une "personnalité" juridique qui permettra à la communauté d'observer un contrôle juridictionnel sur ses membres." Sa logique de retribalisation ethnique et religieuse rompt de manière frontale avec la primauté des droits de l'homme individuel qui irrigue et que garantit la société ouverte. Pour les communautaristes, tout individu né dans l'islam est forcément destiné à y demeurer et en épouser sans discernement tous les dogmes : c'est d'abord ou uniquement un "musulman". Dans son alvéole groupiste et monolithique, dans sa communauté, l'individu possède le tout de son existence, ce qui est le propre des régimes totalitaires.
Le relativisme culturel, cette "néoreligion de la diversité" (Taguieff)
Chaque système de valeurs de chacune des cultures ne peut prétendre à une supériorité quelconque par rapport à une autre culture. Il n'existe pas de principe normatif à l'aune duquel on peut prétendre évaluer nos valeurs culturelles occidentales. Ces dernières sont de simples préjugés, les croyances d'une tribu particulière qui s'appelle "l'Occident". Comme toutes les cultures s'équivalent; elles possèdent dès lors un droit égal à être respectées quoi qu'elles postulent comme valeurs. Ainsi, chaque culture migrante qui s'installe en occident veut et doit pouvoir conserver ses principes sous l'appellation de "droits culturels collectifs".
On oublie simplement qu'en Occident, c'est grâce à la référence constante à des principes universalistes fondateurs de la société ouverte qu'on a pu se dégager peu à peu de l'esclavage, du colonialisme, etc., etc. mais l'islam, lui, n'a jamais entrepris une démarche autocritique. Le relativisme culturel entraine des conséquences catastrophiques. Il ouvre grande la porte à un "Tout est alterculturellement permis" qui ne bronche guère devant de graves atteintes aux vrais droits de l'homme individuel ou les cautionne. Les comportements archaïques des musulmans sont ainsi acceptés en dépit du bon sens. Autre conséquence, l'impossibilité de l'intégration : plutôt l'intégrisme que l'intégration.
En fin de compte, ce qui résulte de ce relativisme culturel, se retourne contre l'essence même de la société ouverte : "le bon relativisme intellectuel : ne plus donner un caractère absolu et intolérant à nos conceptions philosophico-religieuses personnelles ou collectives, sans pour autant renoncer au socle normatif des sociétés ouverte qui y invite." La tolérance ne conduit en aucune manière à soutenir que toutes les institutions, coutumes et croyances soient dignes de respect. Cette manière de penser conduit à accepter l'intolérable. On ne peut jamais violer les vrais droits de l'homme c'est à dire la souveraineté individuelle.
Le pluralisme authentique intègre les choix individuels sur la base d'une matrice normative démocratique, ce genre de "pluralisme" se résume à l'addition de clivages qui désintègre ce qui subsiste de l'état de Droit commun.Il se résume donc à un déplacement de frontières et est donc véritablement dangereux et explosif. "Les potentialités les plus explosives du multiculturalisme allant jusqu'aubout de sa dynamique de fragmentation centrifuge s'actualisent dans un séparatisme territorial déjà existant dans les périphéries de nombreux grands centres urbains, livrés à un peuplement mono-ethnique replié sur lui-même.
Conclusion d'Alain Laurent
« Avec lui, l'infâme est de retour - sous le visage rénové d'une religion de "l' Autre" (le nouveau rédempteur qui déploie ses processions de pénitents-repentants, de bigots et dévots de la bien-pensance, ses prophètes de bonheur communautarisé, ses exorcistes, démonologues et inquisiteurs qui traquent les manifestations du Malin ("racisme", xénophobie, stigmatisation, discrimination, "intolérance"...), ses missionnaires qui psalmodient la bonne parole dans les médias et les écoles et annoncent la bonne nouvelle de l'entrée dans la "diversité", et ses dames patronesses en quête de sans-papiers ou victimes de la laïcité ("négative" ! ) à secourir. »
(Sur Samuel Huntington, voir ici)
Le nouvel ennemi majeur de la société ouverte (Ch. 7)
Suite de la synthèse du livre d'Alain Laurent
En France, depuis les grandes grèves de 1995 « une virulente extrême gauche radicale (d'obédience principalement trotskiste et « altermondialiste) est progressivement montée en puissance en dénonçant bruyamment le capitalisme, le libéralisme, la mondialisation. » Cette extrême gauche protéiforme, selon l'expression de Revel, est ouvertement l'ennemie déclarée de la société ouverte
En effet, sa complicité avec les ennemis venus de l'extérieur, les « racailles » et son soutien à l'immigration incontrôlée, son refus de la laïcité prouvé par le soutien aux revendications de port du voile dans les institutions, son alliance historique avec l'islamisme lors du Forum social de Londres en 2003, qui fait que l'on parle maintenant « d'islamo-gauchisme », tout ceci prouve bien l'incompatibilité avec les valeurs d'une société ouverte. Besancenot mentionne dans son programme électoral de 2007 le retrait des troupes d'occupation d'Afghanistan et Bové évoque la régularisation de tous les « sans-papiers ».
Cette gauche révolutionnaire n'est pas l'ennemi le plus dangereux de la société ouverte car elle a peu d'influence sur les décisions gouvernementales.
A l'inverse d'un gauchisme révolutionnaire rien moins qu'angélique, la gauche « humaniste » ne prône ni ne pratique la violence.
Elle privilégie l'action psychologique et morale, autrement plus efficace auprès des autorités : l'indignation vertueuse, la protestation accusatrice, la culpabilisation qui joue sur le s registres du compassionnel et de la mauvaise conscience. Son coup de maître est qu'au lieu de rejeter la société ouverte, elle mobilise avec véhémence les valeurs d' « ouverture », à savoir les droits universels de l'homme, la tolérance, l'hospitalité, le pluralisme, allant même jusqu'à proclamer la meilleure ou seule championne. Comment de larges pans de la société civile et les médias pourraient-ils à force ne pas se sentir en sympathie avec l'exhibition d'aussi bons sentiments ? »
Cette logique humaniste gauchisée interprétée de manière hyperextensive et hyperbolique pervertit les valeurs d'ouverture de la société ouverte. Et ceci se produit d'autant plus facilement qu'il existe dans 1a conscience politique française « un surmoi de gauche » selon la formule de Marc Fumaroli (et donc « un surmoi d'extrême gauche » pour la gauche) qui influence cette conscience et donc les décisions gouvernementales. Cette idéologie à prétentions « humanistes » « tient le haut du pavé, et les armes de destruction morale massive qu'elle brandit sont d'une redoutable efficacité : le droit-de-l'hommisme associé à l'immigrationnisme, l' « anti-racisme » et le multiculturalisme.
« Sans-frontiérisme », « immigrationnisme » et « droit-de-l'hommisme »
Le projet humaniste tel qu'il est entendu partout et par tous
L'islam est forcément une religion d'amour, de paix et de tolérance à ne pas confondre avec l'islamisme et en vertu de la liberté religieuse, il faut « modifier le droit et l'organisation de nos sociétés » pour que les musulmans puissent se sentir acceptés et libres dans leur pays d'adoption et leur culte. « L'Europe ne doit pas s'ériger en forteresse assiégée ni se barder de murs de Berlin pour se protéger l'immigration africaine ou asiatique, laquelle n'est en réalité pas si massive que cela. » L'Europe bénéficiera ainsi d'un sang neuf qui lui fait cruellement défaut et cette diversité culturelle l'enrichira. La situation scandaleuse des migrants qui résulte de notre mentalité esclavagiste colonialiste et raciste doit cesser et donc l'immigration largement encouragée. Les jeunes dans les banlieues qui réagissent par la violence le font légitimement : ils sont humiliés par les policiers et le chômage qui sévit. « Lorsque leurs membres mineurs commettent des délits, ils méritent encore plus que d'autres d'être excusés. » Les Européens doivent activement manifester leur repentance en offrant des compensations à tous les descendants d'esclaves et colonisés. La diversité ethno-raciale doit être représentative dans tous les secteurs de la société.
Qui promeut ce projet humaniste (ouverture à l'islam conservateur et immigration alterculturelle de masse) ?
En France, cette idéologie est devenue une « idéologie nationale, au statut quasiment officiel : toute une nébuleuse d'associations défendent les droits de l'homme et les « causes » humanitaires. Un noyau dur composé de la plupart des organisations syndicales, d’une fraction notable de la magistrature syndiquée, de la grande majorité des enseignants, de l'établishement intellectuel (avec les grandes administrations), de la presse (plus de 80% des journalistes se classent à gauche) et enfin des « people » du show-biz, « friands de pétitions et d'exhibitionnisme militant. »
Comment négliger la place éminente des Eglises dans ce vaste lobby idéologique du « sans-frontiérisme » et de la campagne anti-islamophobie... Le conseil des églises chrétiennes ne cesse de promouvoir ses liens avec l'islam (contre la contraception et l'homosexualité ou contre les caricatures de Mahomet).
Le monde de l'entreprise lui-même : « son adhésion croissante, empressée même... (soucieuse de donner des gages de bonnes mœurs afin de restaurer son image auprès des jeunes générations bobo-gauchisées) a l'ardente obligation morale de promouvoir la « diversité », voire la « fierté d'appartenance » comme s'enorgueillit l'une d'elles, en pratiquant la discrimination positive. »
La conversion de la droite républicaine et libérale aux mots d'ordre de la bien-pensance est aussi très significative de ce rouleau compresseur idéologique. Sarkozy, qui fait l'apologie de la discrimination positive, (tout en s'en défendant) a soutenu le financement public du culte musulman et cautionné l'intégrisme de l'UOIF. Alain Madelin, libéral, dénonce aussi « l'anti-islamisme primaire » et le fait que « l'islamisme ne saurait être confondu avec l'islam ».
Pratiquer l'immigration illimitée est un devoir selon l'idéologie « sans-frontiériste ». Un impératif catégorique. Revel écrivait en 1995 : « un pays a le devoir d'accueillir et de garder en quantité illimitée de s étrangers dépourvus de permis de séjour, de logement, de ressources et de qualifications au moment où des millions de travailleurs non qualifiés déjà sur place ne trouvent pas de travail. »
Cette volonté à recevoir toute la misère du monde donne lieu à une contre partie de droits opposables
Droit à une vie meilleure, droit à l'Europe et aux visas, donc à la libre entrée sans seuil quantitatif ni contrôle puis à la libre installation; droit à la régularisation immédiate et donc droit au séjour continu même si le migrant ne trouve pas de travail ou commet des actes délictueux, droit à être pris en charge 1ogé, soigné, nourri, scolarisé.
Une telle « idéologie des droits » (François Furet) peut être qualifiée de droit-de-l'hommisme et le suffixe isme témoigne de l'inflation et de l'utilisation pervertie des droits de l'homme.
« Dans leur inspirée Déclaration originelle des droits de l'homme, les révolutionnaires français en avaient sagement distingués ceux-ci, à vocation universelle, des droits du citoyen procédant du droit du sol et propres à une société politique ouverte… Cette distinction fondamentale, le sans-frontiérisme l'abolit de fait en absorbant les droits du citoyen dans les droits universels de l'homme. »
Ces droits se révèlent être à sens unique, sans sanction ni obligation correspondantes. Ce sont des droits sur les citoyens historiques, sans fondements objectifs et basés sur un élan compassionnel subjectif et sur un sentiment de culpabilité imaginaire.
« Cette manipulation de la notion de droit sert de support et d'alibi idéologique à l'angélisme bardé de bons sentiments humanitaires qu'est le sans- frontiérisme. Tous les traits habituels d'une éthique de conviction devenue folle s'y mêlent sous leur visage le plus caractéristique : l' « aveuglement volontaire » accompagné d'une irénique dénégation du réel où le recours lexical aux travestissements de la novlangue a une fonction essentielle, l'indignation soigneusement sélective, l'inversion des causalités, la « culture de l'excuse ».
L'irresponsabilité de cette idéologie sans-frontiériste a des effets ravageurs contre les sociétés ouvertes que dénonçait déjà Revel : « Exiger que l'immigration cesse d'être contrôlée ou même connue, surtout dans un pays à forte protection sociale, avec des budgets déjà en grave déficit, c'est rechercher la déstabilisation permanente de la société, 1 'abolition de l'Etat de droit, voire de la citoyenneté. » (Le Point, 22 février 1997) Effectivement cette vision prophétique de Revel se révèle parfaitement exacte dans les faits aujourd'hui. La persévérance de cette logique irresponsable prouve à quel point ces droits-de l'hommistes et sans-frontiéristes ne sont pas que des « idiots utiles » mais bien de « nuisibles pervers » qui œuvrent sciemment contre les valeurs de la société ouverte, en refusant des solutions réalistes au défi de l'immigration (« ce n'est pas elle en soi qui est 1'ennemie, bien sûr, mais l'immigrationnisme! »)
Le bras armé de l' « antiracisme » dévoyé
« Droit-de-l'hommisme, sans-frontiérisme et immigrationnisme disposent d'une arme fatale pour imposer les dogmes de leur nouvel ordre moral aux pouvoirs publics et à la société française dans son ensemble : la lutte contre le racisme, désigné comme le facteur déterminant non avoué de la discrimination infligée aux issues de l'immigration et de 1a stigmatisation des cultures ou religions non occidentales. » La présomption de « racisme » s'est en effet étendue à toutes sortes de champs nouveaux et tout domaine est devenu sujet à présomption de racisme « .., les innombrables imputations de « racisme » maintenant faites à la laïcité, aux concours de recrutement sur base scolaire, à la langue française classique, la défense de la liberté d'expression... »
Qu'est-ce que le vrai racisme ?
Selon Alain Laurent, c’est une « notion qui entendait légitimement s'attaquer à tout ce qui tend à attribuer arbitrairement des caractéristiques naturelles péjorantes à une catégorie d'individus définis sur des bases bio-ethniques et dans une perspective déterministe et généralisatrice - afin de les inférioriser collectivement et les exclure. »
Ayn Rand : « Le racisme est la doctrine des brutes, conçue par et po r elles. C'est la version du collectivisme pour éleveur de bétail capable de différencier diverses races d'animaux, mais pas les animaux des hommes. » (Le racisme, septembre 1963)
L'extension abusive du soupçon de racisme est dénoncée avec force par l'ensemble de la pensée résistante. Elle était déjà dénoncée dès les années 1977 puis dans les années 1983-1993 par des auteurs extra-lucides (André Béjin et Julien Freund : « l'obsession anti-raciste »; Claude Lévi-Strauss dans Le regard éloigné : « mettre le terme [racisme] à toutes les sauces... »; Taguieff : « l'anti-racisme s'est idéologisé » dans La force du préjugé -Essai sur le racisme et ses doubles-; Finkielkraut dans La défaite de la pensée; Paul Yonnet dans Voyage au centre du malaise français -L'antiracisme et le roman national.)
« Mais rien y avait fait : le rouleau compresseur idéologique de l' « antiracisme » a été le plus fort, écrasant sur son passage toute libre expression morale à ce sujet dans les médias et la société civile. »
Il s'agit d'une manipulation de la notion de racisme car le seul racisme qui est dénoncé est « celui des Européens ou des populations du tiers-monde ou qui en proviennent. » (Revel dans une chronique du printemps 1992). L'anti-racisme est par contre aveugle quand il s'agit de racisme antisémite qui s'est déchaîné dans certains quartiers en 2003-2005 ou de racisme anti-Blancs perpétré à la même période par des « blacks ». Car, selon les anti-racistes, « un Noir, par essence, ne peut être raciste ou soupçonné de l'être; cette tare indélébile n'appartient qu'aux Blancs » !
Contradictions et incohérences de cet antiracisme dévoyé
« Côté face, le terme de race est congédié puisque les « races » n'existent pas (exact au sens que lui donnent les vrais racistes). Mais côté pile, elles resurgissent en étant avalisées si jamais ce sont les adeptes du communautarisme « noir » qui s'y réfèrent ou s'il faut donner quelque contenu à la notion désormais sacralisée de « minorité visible » en instituant des statistiques ethniques, en réalité ethno-raciales puisqu'il y est demandé aux sujets d'indiquer leur « couleur de peau ».
Ce dévoiement a été orienté de façon consciente en vue de certaines fins précises
Tout d'abord, cet antiracisme permet à ceux qui le promeuvent de se situer dans le Camps du Bien. Mais plus profondément, il attribue un racisme doctrinal et métaphysique à tous ceux qui s'inquiètent et s'élèvent courageusement contre l'immigrationnisme et l'implantation d'un islam traditionnaliste peu compatible avec les valeurs occidentales.

