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Libéralisme et "Laissez-faire", la leçon de Turgot



Dans un entretien avec Jean-Louis Chambon sur radio Canalacadémie, Alain Laurent parle de son article consacré à la crise financière dans le livre collectif : Repenser la planète finance.

"Tout semble bel et bien s’être passé comme si une petite caste arrogante s’était enfermé dans la pire des bulles, celle qui isole du réel et déconnecte de ses contraintes et limites et faire perdre le sens le plus élémentaire de rationalité et de la responsabilité personnelle et comme si ses « élus » s’étaient comportés en prédateurs et exploiteurs du capitalisme à leurs profits exclusifs, donnant ainsi naissance à une sorte de chancre ou une prolifération de cellules cancéreuses n’ayant plus rien à voir avec le libre jeu financier, servant le capitalisme entrepreneurial dont ils ont déréglé l’autorégulation."

« Est-ce que les politiques sont pour autant mieux placés que d’autres pour instaurer une meilleure régulation, comme on voudrait tant le faire croire en proclamant qu’il faut refonder le capitalisme et que le moment est venu du retour de l’Etat ? Turgot et bien d’autres à sa suite l’avait bien pointé : dirigeants politiques et grands commis de l’Etat ne sont pas d’une extraction surnaturelle qui les rendraient mieux aptes que quiconque à discerner l’intérêt général. Eux aussi, tout en se parant de vertus et de l’onction électorale, cherchent à satisfaire leur intérêt particulier : clientélisme, idéologie, etc. Rien ne prouve qu’ils disposent de compétences surhumaines qu’il faudrait avoir pour prétendre réguler l’ordre hyper complexe du marché. »

Lire la retranscription de l'entretien avec Alain Laurent sur Catallaxia.net

Merci à La Crevette pour son travail de retranscription !

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