Accéder au contenu principal

La route, un chef d'oeuvre


Le film vient de sortir, deux ans après le prix Pulitzer récompensant le roman de Cormac McCarty : La route. Samedi soir au SQY-UGC (Centre commercial de Saint Quentin en Yvelines), la salle est plein à craquer.

Qu'est-ce qui peut bien pousser les gens à venir voir un film pareil ? Peut-être les acteurs, Charlize Theron et Viggo Mortensen, stars montantes d'Hollywood... Ou bien la mode du film post-apocalyptique comme I am a Legend, les Fils de l'Homme... Ou bien encore le thème affiché du film : thriller métaphysique ?
Pourtant ce film a tout pour rebuter le client habitué du SQY-UGC. A mi-chemin entre Tarkovsky et Cronenberg, le film est tiré du roman d'un auteur américain inconnu en France. Tout ce qu'on sait de lui, au mieux, c'est qu'il a écrit un autre roman, No country for old men, qui a connu un petit succès au cinéma il y a deux ans avec les frères Cohen.

L'histoire : Un homme et son jeune fils font partie des rares survivants d'une catastrophe qui a tout dévasté. Ils prennent la route pour se rendre vers le sud. Autour d'eux, la plupart des espèces animales ont disparu et l'être humain est revenu à l'état sauvage. Le cannibalisme est devenu presque normal pour la plupart des survivants. Mais pour cet homme et son fils, il n'y a plus qu'une seule chose qui compte : non pas survivre mais rester humains, rester dans le camp du bien.

Ce film est un chef d'oeuvre, comme l'oeuvre dont il est tiré. Il réussit le tour de force d'éviter tous les clichés et les grosses ficelles qui pourraient en faire un simple road movie comme tant d'autres. Le style est épuré, tranchant, parfois très cru mais jamais dans l'esbrouffe. Et c'est là que la magie opère : de la noirceur et de l'horreur même, surgissent une humanité, et une vérité morale qui subjuguent. Pour les chrétiens, ce film va plus loin, il est christique, une métaphore du sacrifice qui sauve l'humanité.


A lire, une excellente critique littéraire du livre de Cormac McCarthy sur le blog du Stalker


Trailer :
http://movies.yahoo.com/movie/1810037227/video/13468775

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Citation de Saint Augustin sur la loi

Saint Augustin est cité dans la joute finale du film The Great Debaters . Voici la citation complète : « Oserons-nous dire que ces lois sont injustes, ou plutôt qu’elles ne sont pas des lois? Car à mon avis, une loi injuste n’est pas une loi. » Saint Augustin, Traité du Libre Arbitre , chapitre V A lire : Treize notions-clés chez saint Augustin On trouve aussi cette citation dans un passage de Martin Luther King Jr. :

James Buchanan et la théorie des choix publics

James Buchanan, lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, vient de décéder à l'âge de 93 ans, est l’initiateur de l’économie des choix publics (ou analyse économique de la démocratie). Publié en 1975, Les limites de la liberté : entre l’anarchie et le Léviathan a donné à cet économiste américain sa place parmi des philosophes politiques tels que John Rawls ou Robert Nozick, en tant que « contractualiste ». Pour l'occasion, nous republions cet article de vulgarisation écrit l'an dernier. Par Damien Theillier Elections, piège à cons ? Selon la théorie des choix publics, développée à l'Université George Mason de Virginie par les professeurs Gordon Tullock et James Buchanan, les élections font partie intégrante d’un marché politique. Les acheteurs de ce marché, les électeurs, recherchent des faveurs et des privilèges du gouvernement. Les politiciens sont les fournisseurs de ces faveurs et de ces privilèges, dans le but de satisfaire les intérêts de la majorité.

Hegel et la divinisation de l’État

Par Damien Theillier* Le XXe siècle fut le siècle de la croissance ininterrompue de l’État. Mais pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de regarder un peu en arrière. C’est en effet à partir de la Révolution Française qu’on trouve les grands théoriciens de l’État moderne. Et Hegel fait partie de ceux-là. Dans  La société ouverte et ses ennemis  (1945), Karl Popper range la pensée hégélienne, avec celle de Platon, au nombre des ennemis de la société ouverte. Selon lui, les idées principales du totalitarisme au XXe siècle sont presque toutes directement inspirées de Hegel : nationalisme, marxisme, fascisme. Pour notre part, nous nous contenterons de souligner l’apport original de Hegel à deux grandes idées constitutives de la pensée moderne et contemporaine, de droite comme de gauche : l’historicisme et l’étatisme. L’historicisme L'historicisme est une doctrine philosophique qui affirme que les connaissances, les courants de pensée ou les v...