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Les marchés font un bouc émissaire commode

Un excellent éditorial d'André Comte-Sponville dans Challenges du 3 juin (très girardien) :


Quand on ne connaît pas la vérité, dit à peu près Pascal, il est bon de disposer d'une erreur commune, sur laquelle on puisse au moins s'entendre. Telle est la fonction des mythes, des superstitions, des idéologies. Mais il faut pousser l'idée plus loin. Elle ne vaut pas pour la seule connaissance ; elle éclaire aussi l'action, ou l'inaction. Lorsqu'on diverge fondamentalement sur les buts et les moyens, ajouterais-je, lorsqu'on est, au sein d'un groupe, en situation de conflit et donc incapable, collectivement, d'agir, il est bon de disposer d'un adversaire commun, contre lequel on puisse au moins s'unir. Telle est la fonction du bouc émissaire. On connaît l'origine de la notion. C'est un rite d'expiation, dans la Bible : un bouc est symboliquement chargé de tous les péchés d'Israël ; après quoi on l'envoie au désert, où il emporte avec lui toutes les fautes que d'autres ont commises...


La suite : http://www.challenges.fr/magazine/international/0215.031085/les_marchs_font_un_bouc_missaire_commode.html

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