Accéder au contenu principal

Revue de presse : The Economist et Philosophie Magazine

A country in denial. Tel est le titre de The Economist dans un numéro que je vous recommande de lire. On en trouvera une traduction ici, chez mon ami Kaplan.

Ce qui ressort de l'article, c'est que les candidats à la présidentielle sont à l'image des Français : ils veulent que rien ne change. Ils refusent d'aborder les sujets qui fâchent, ils ne veulent pas voir la réalité en face. Donc il n 'y a pas de vraie réforme de fond, à la différence de l'Italie par exemple, c'est l'immobilisme !

A lire dans le même numéro : The French election : An inconvenient truth. L'article souligne l'absence de tout candidat libéral aux élections. Je cite :

"Liberal candidates in France tend to get nowhere. Ten years ago the most recent such presidential hopeful, Alain Madelin, got just 3.9% of the vote."
Ou encore :
"Mr Bayrou is no liberal: he wants a “fair price” for farm produce, and proposes voting rights for unions on company boards. But he at least promises €50 billion in spending cuts." C'est déjà mieux que rien... mais difficile de voter pour un candidat qui a voté toutes les mesures étatistes qui nous plombent depuis 20 ans.

A lire aussi : le numéro d'Avril de Philosophie Magazine. Je suis en train de rédiger un article qui paraîtra mercredi sur 24HGold et que je mettrai sur ce blog jeudi.
Dans ce dossier fort bien fait par ailleurs, on constate une fois de plus que le libéralisme est le grand absent du débat intellectuel et politique en France. Hobbes et Rousseau, qui représentent bien la droite et la gauche en France, sont tous deux des penseurs du tout-Etat et Hegel à leur suite ne fera que prolonger cette tradition classique.
Mais quid de la tradition philosophique du libre marché et la défense de la société civile ? La France ne manque pourtant pas de penseurs de premier plan : de Quesnay et Turgot à Say, Constant et Bastiat, en passant par Condillac, Destutt de Tracy... Mais les Français ont la mémoire courte et il leur faudrait une bonne piqure de rappel. D'où l'idée de Bastiat2012 ! A suivre...

A lire, un entretien avec le philosophe Hans Hermann Hoppe sur l'éthique de l'impôt pour Philosophie Magazine. L'entretien n'avait pas été publié car jugé trop radical : http://www.institutcoppet.org/2011/03/13/interview-de-hans-h-hoppe-pour-philosophie-magazine/

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Citation de Saint Augustin sur la loi

Saint Augustin est cité dans la joute finale du film The Great Debaters . Voici la citation complète : « Oserons-nous dire que ces lois sont injustes, ou plutôt qu’elles ne sont pas des lois? Car à mon avis, une loi injuste n’est pas une loi. » Saint Augustin, Traité du Libre Arbitre , chapitre V A lire : Treize notions-clés chez saint Augustin On trouve aussi cette citation dans un passage de Martin Luther King Jr. :

James Buchanan et la théorie des choix publics

James Buchanan, lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, vient de décéder à l'âge de 93 ans, est l’initiateur de l’économie des choix publics (ou analyse économique de la démocratie). Publié en 1975, Les limites de la liberté : entre l’anarchie et le Léviathan a donné à cet économiste américain sa place parmi des philosophes politiques tels que John Rawls ou Robert Nozick, en tant que « contractualiste ». Pour l'occasion, nous republions cet article de vulgarisation écrit l'an dernier. Par Damien Theillier Elections, piège à cons ? Selon la théorie des choix publics, développée à l'Université George Mason de Virginie par les professeurs Gordon Tullock et James Buchanan, les élections font partie intégrante d’un marché politique. Les acheteurs de ce marché, les électeurs, recherchent des faveurs et des privilèges du gouvernement. Les politiciens sont les fournisseurs de ces faveurs et de ces privilèges, dans le but de satisfaire les intérêts de la majorité.

Ron Paul et l’avortement

Par Damien Theillier Professeur de philosophie à Paris et président de l’ Institut Coppet . On s’étonne parfois d’apprendre que Ron Paul, candidat libertarien à la primaire républicaine, est opposé à l’avortement. Comment un libertarien peut-il ne pas être « pro-choice » ?  Pourtant son point de vue est sans ambiguïté :  «  Some people believe that being pro-choice is being on the side of freedom. I’ve never understood how an act of violence, killing a human being, albeit a small one in a special place, is portrayed as a precious right » ( Liberty Defined ). Le libertarianisme, en tant que philosophie politique, n'a rien à dire sur ce sujet de l’avortement, au moins dans un premier temps. En effet, l’avortement est d’abord une question de philosophie morale pure, qui repose sur la considération du statut ontologique de l’embryon. S'agit-il seulement de quelques cellules, comme une verrue ou un kyste ? Ou bien est...