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Le Socialisme en Chemise Brune.

Ce week-end pluvieux, j'ouvre les pages de mon blog à un ami, Benoît Malbranque, auteur d'un livre remarquable ! Nous avons été dans la même école, le collège de Marcq (moi quelques années avant lui...) et c'est dans cette école qu'il a mûri une grande partie de ce livre alors qu'il préparait son bac, en cours d'histoire. Aujourd'hui il termine ses études et a pris de temps de peaufiner cet essai pas politiquement correct du tout...
« Ce livre est né d’une déception. Lorsque l’Allemagne Nazie arriva enfin au programme de mes cours d’Histoire, je n’étais pas impatient de comprendre comment cette idéologie s’était diffusée : j’étais d’abord impatient de découvrir cette idéologie elle-même. Pourquoi elle avait séduit le peuple allemand, pourquoi elle avait entraîné la guerre, pourquoi elle signifiait la perte des libertés fondamentales — la compréhension du national-socialisme hitlérien suffirait, me disais-je, pour répondre à ces questions. Quelques semaines de cours suffirent pour me faire perdre mes illusions. Il me fallait apprendre, en somme, que le nazisme avait été totalitaire par hasard, antilibéral par hasard, anticapitaliste par hasard, et socialiste par hasard. Une déception du même ordre intervint avec l’étude du communisme soviétique. Dès le début, je refusais d’accepter que l’Histoire puisse se dérouler par hasard. » 
Je recommande donc la lecture de ce livre à mes élèves passionnés d'histoire du XXe siècle, ou tout simplement curieux de comprendre pourquoi, le capitalisme fut l’ennemi ultime des régimes antidémocratiques : national-socialisme, fascisme, et communisme. Comme le dit Ludwig von Mises, « Les principes fondamentaux de l'idéologie nazie ne diffèrent pas des idéologies sociales et économiques généralement acceptées. La différence concerne seulement l'application de ces idéologies aux problèmes spéciaux de l'Allemagne. » Ou bien encore, comme le notera J. Fest, « l’apport original du nazisme ne se situe pas sur le plan idéologique, mais sur celui de l’exécution ; c’est-à-dire dans la minutie et la logique implacable qui présidèrent à l’application de ces plans de ‘‘rénovation’’ de la nature humaine. »

Dans le chapitre "Les racines socialistes du nazisme" de son livre de 1944 : La Route de la Servitude, Friedrich A. Hayek rappelle le contexte qui a permis le triomphe du nazisme en Allemagne et du fascisme en Italie. Peu de gens sont prêts à reconnaître, dit-il, que l’ascension du nazisme et du fascisme a été non pas une réaction contre les tendances socialistes de la période antérieures mais un résultat inévitable de ces tendances. Les socialistes allemands et italiens n’ont fait que préparer la voie au nazisme en mettant en place des partis politiques qui dirigeaient toutes les activités de l’individu, de sa naissance à sa mort, qui lui dictaient ses opinions sur chaque chose. Ce ne sont pas les fascistes mais les socialistes qui ont commencé à enrégimenter les enfants dans des organisations politiques, à contrôler leur vie privée et leur pensée. Les nazis n’ont fait que récupérer le discours étatiste, dirigiste et interventionniste déjà popularisé par les marxistes. De nombreux dirigeants fascistes, comme Mussolini en Italie, Laval en France et Oswald Mosley en Grande-Bretagne, avaient commencé leur carrière politique en tant que militants de gauche avant de se convertir au fascisme ou à l’hitlérisme, par proximité idéologique". 



Table des matières ici

Commentaires

Eric a dit…
Le lien « table des matières » ne semble pas fonctionner.
Damien Theillier a dit…
Merci c'est réparé !

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