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Une réislamisation massive (ch 6)


Une réislamisation massive, globalisée, conservatrice et offensive


On voit très souvent le monde islamiste provoquer de graves remous dans le monde par des attentats spectaculaires. "Mais ces convulsions violentes ne sont que l'écume bouillonnante." En effet, selon Alain Laurent, il faut surtout s'attacher aux évolutions de fond dans les pays musulmans comme dans le reste du monde, d'un l'islam traditionnel, rigoriste, obscurantiste et radical.


"L'état des lieux ne laisse guère place au doute sur l'ampleur de ce refus de la sécularisation."


Algérie : le gouvernement a fait adopter un code de la famille jugé archaïque par les associations féminines laïques; une loi promulguée en mars 2006 punit de prison toute personne qui tente de"convertir un musulman à une autre religion" (en mars 2008, Habiba Kouider, convertie au christianisme, est arrêtée, accusée de prosélytisme pour avoir transporté des Bibles.)
Tunisie : le port du voile se répand; et les femmes adoptent des comportements rigoristes.
Maroc : le port du hidjab devient la règle dans de nombreux endroits, certains enseignants "impies" sont stigmatisés, le Parti de la justice, islamiste, est arrivé en tête des élections de septembre 2007 et prône le retour des femmes à la maison;dans un sondage paru en 2006 dans l'Economiste, 50% des garçons veulent un femme voilée et pour 44% des Marocains, Al Qaïda n'est pas terroriste.
Turquie : "en marge du retour du voile (favorisé par le parti islamiste "modéré" AKP reconduit au pouvoir), des sondages indiquent que 60% des reprochent aux dirigeants politiques de "manquer de foi"; de multiples incidents ou crimes poussent les chrétiens à émigrer, et parlant des Turcs présents en Allemagne, le Premier ministre Erdogan soutient que leur "assimilation est un crime contre l'humanité." Le processus de réislamisation y devient si sensible qu'à l'été 2008, la Cour constitutionnelle a failli interdire le parti AKP pour "activités anti-laïques" et l'a sanctionné financièrement pour ce motif."
Egypte : emprise grandissante des Frères Musulmans sur la population.
Nigeria : "dans les douze provinces du nord-est, la charria s'est peu à peu imposée pour régler les moindres aspects de la vie courante, ce qui provoque des incidents violents avec les non-musulmans dont beaucoup s'enfuient de cette zone."
Afghanistan : "la nouvelle Constitution de 2003 dispose qu'"aucune loi ne peut être contraire aux valeurs sacrées de l'islam". Deux condamnations légales à mort annulées à grand-peine par des artifices juridiques et sous la pression internationale (celle de l'apostat Abdul Rahim en mars 2006 et celle de Perwiz Kambakhsh pour "interprétation erronée des versets du Coran").
Malaisie : "dans ce pays où comme en bien d'autres on naît automatiquement musulman et où l'islam est règle de droit, la Cours fédérale a en mai 2007 refusé de retirer la mention "musulman" sur la carte d'identité de l'apostate Lina Joy (née Azlima Jailami) qui voulait devenir chrétienne et a du se réfugier en Australie : car "on ne peut entrer et sortir d'une religion à sa guise"; des femmes y sont envoyées maintenant en "centre de réhabilitation islamique" si leurs moeurs laissent islamiquement à désirer."
En fait, "partout, l'islam demeure (parfois même, devient) religion d'Etat monopolitique, avec institutionnalisation plus ou moins adaptée de la charria en source principale de droit et de code légal."
Tout processus de ces pays de démocratisation s'avère fort difficile voire impossible et lorsque des élections ont lieu, elles donnent des résultats inquiétants, avec les victoires de partis islamistes "modérés" ou radicaux (sauf au Pakistan en janvier 2008).

L'allégation d'une immense majorité de "modérés" pacifiques, tolérants et ouverts est aussi à étudier. En effet, qu'il y ait des musulmans modérés n'est pas douteux mais qu'ils soient une majorité l'est beaucoup plus. Le clair et franc soutien aux libertés individuelles peine vraiment à se voir de la part de ces masses de musulmans "modérés." Les foules islamiques, souvent prêtes à clamer leurs indignations sont très silencieuses quant à un éventuel soutien aux "musulmanes libres".

Et que dire de leur soutien à Saddam Hussein et Ben Laden et à la liesse des populations à l'annonce des attentats du 11 septembre. "Cette abstention massive et ces indignations sélectives révoltent Irshad Manji : "Nous n'avons de cesse de déplorer l'exploitation de l'islam par les intégristes, mais quand l'occasion se présente de répliquer vigoureusement à leurs hurlements, nous nous retranchons dans le mutisme. Entre les clameurs des intégristes et le silence des modérés, quelle voix porte le plus ?"

J. F. Revel a beaucoup critiqué ce caractère hautement improbable de l'existence d'une immense majorité de modérés "ouverts et tolérants." Dans une chronique du Point (2 mars 1996), il déclare : "On souhaiterait que parfois cette majorité supposée se prononce de façon plus ouverte, se manifeste de façon plus massive contre l'intolérance des extrémistes." et il conclut, après les attentats du 11 septembre, dans L'Obsession anti-américaine : "La notion que 'l'immense majorité" des musulmans fixés en Europe serait modérée se révèle n'être qu'un rêve, ce qui fut mis spectaculairement en lumière durant les deux mois qui suivirent les attentats contre les Etats-Unis."


L'affaire des "caricatures" a démontré aussi la réislamisation de la France et surtout le vraie réalité de cette "majorité" de soi-disant modérés.En effet, les critiques virulentes contre la présentation de ces caricatures est venue de "modérés" de l'UOIF et du très officiel CFCM. Ainsi que du recteur de la grande mosquée de Lyon et de musulmans de base."L'adoption, en janvier 2008 à Bruxelles de la charte des musulmans d'Europe réclamant que l'identité islamique bénéficie dans l'Union d'une reconnaissance publique et d'une attribution subséquente de droits différenciés renforce l'idée qu'est ainsi en cours un processus sinon un projet d'islamisation du Vieux Continent."

Le fait d'un développement d'un "islam de marché", dans le domaine économique tendrait à démontrer la modernisation possible d'un islam archaïque. En fait il n'en est rien : car ces pratiquants musulmans de la liberté économique ne se convertissent souvent pas forcément en même temps aux autres requis de la liberté individuelle pour tous. Ils sont souvent fort attachés à la loi du Coran qui contiendrait selon eux en germe "tout le possible des libertés acceptables."
Autre argument aussi avancé aussi par les musulmans modérés : l'archaïsme de leur religion ne serait pas organiquement lié, en fait, avec la théologie ultime du Prophète. Mais alors pourquoi n'y a t-il aucune évolution positive sur des sujets qui "fâchent" comme l'asservissement des femmes, l'hyperréglementation de tous les aspects de la vie, le fanatisme etc...

Autre argument qui consiste à attribuer à l'"Occident impérialiste" la responsabilité principale de la radicalisation récente et dominante de l'islam, et de sa crispation réactionnelle..." En fait, on s'aperçoit vite que ces pressions occidentales se sont produites après les radicalisations de l'islam dans les différents pays."Comment donc expliquer, en l'absence alors de toute pression venue d'Occident, que dès l'indépendance obtenue ( début des années1960), les Etats musulmans anciennement colonisés se soient presque tous empressés d'instituer l'islam en religion d'Etat monopolitique si peu soucieuse des droits de l'individu ?"


C'est bien en fait à la base, le problème de l'antinomie intégrale entre l'individu libre et la structure originelle de l'islam qui bloque toute possibilité à cette religion de s'intégrer dans une société ouverte.


Tahar Ben Jelloum : "La société arabe et musulmane ne reconnaît pas l'individu." Hamadi Redissi, dans Le Monde, le 23/09/01 : "philosophiquement, l'islam a rejeté la souveraineté du sujet de Descartes ou l'indépendance des individus, au motif que Dieu aussi est souverain." En bref, presque nulle part dans le Dar el islam n'existent vraiment de la liberté démocratique (élections libres), de la liberté religieuse, de la liberté de penser et de la liberté sexuelle. L'homme est toujours placé sous la soumission à l'autorité et régi par des rites formels. La femme est doublement soumise : aux dictats de l'autorité masculine, elle-même soumise à la loi du Coran. La femme a éternellement le statut de mineur dans le monde islamique.

La violence est aussi une caractéristique intrinsèque à l'islam.
L'intolérance à tout ce qui n'est pas musulman est flagrante. "Une violence qui prend de plus volontiers la forme éruptive du recours brutal et belliqueux à la force." Cette violence se propage d'ailleurs d'abord entre musulmans, "les fondamentalistes n'aimant rien tant que massacrer leurs propres coreligionnaires..." Cf. les attentats et guerres en Algérie, Maroc ( Casablanca), Pakistan ( Karachi), Afghanistan, Somalie,(l'armée des Tribunaux islamiques) et Irak.


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