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Destutt de Tracy. Traité d'économie politique

Extrait traduit :

"La liberté est le pouvoir d'exécuter notre volonté. Elle est le premier de tous les biens. Elle les inclut tous. La contrainte comprend tous nos maux, car elle constitue une privation de puissance pour satisfaire nos besoins et réaliser nos désirs.

Toute contrainte est souffrance; toute liberté est joie. La valeur totale de la liberté d'un être animé est égale à celle de toutes ses facultés réunies.

Elle est absolument infinie pour lui et sans équivalent possible, puisque sa perte totale équivaut à l'impossibilité de posséder un bien quelconque.

Notre seul devoir est d'accroître notre liberté et sa valeur. L'objet de la société est exclusivement l'accomplissement de ce devoir."
Lire le Traité en français :
sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k41802x.r=destutt.langFR

Page 68 :

Autres extraits :


Sur la liberté
Je dis que l'idée de liberté naît de la faculté de vouloir ; car, avec Locke, j'entends, par liberté, la puissance d'exécuter sa volonté, d'agir conformément à son désir; et je soutiens qu'il est impossible d'attacher une idée nette à ce mot, quand on veut lui donner un autre sens. Ainsi, il n'y aurait pas de liberté s'il n'y avait pas de volonté ; et il ne peut pas exister de liberté avant la naissance de la volonté. (…)

La liberté, prise dans ce sens le plus général de tous (et le seul raisonnable), signifiant, la puissance d'exécuter notre volonté, est donc le remède à tous nos maux, l'accomplissement de tous nos désirs, la satisfaction de tous nos besoins, et, par suite, le premier de tous nos biens, celui qui les produit tous, qui les renferme tous. Elle est la même chose que notre bonheur elle a les mêmes limites ; ou plutôt notre bonheur ne saurait avoir ni plus ni moins d'étendue que notre liberté, c'est-à-dire que notre pouvoir de satisfaire nos désirs. La contrainte, au contraire, quelle qu'elle soit, est l'opposé de la liberté ; elle est la cause de toutes nos souffrances ; elle est la source de tous nos maux elle est même rigoureusement notre seul mal ; car tout mal est toujours la contrariété d'un désir.

Sur l’échange
Il est également vrai qu'un échange est une transaction dans laquelle les deux contractants gagnent tous deux. Toutes les fois que je fais librement et sans contrainte un échange quelconque, c'est que je désire plus la chose que je reçois que celle que je donne, et qu'au contraire celui avec qui je traite désire plus ce que je lui offre que ce qu'il me rend. Quand je donne mon travail pour un salaire, c'est que j'estime plus ce salaire que ce que j'aurais pu faire en travaillant pour moi-même, et que celui qui me paie prise davantage les services que je lui rends que ce qu'il me donne en retour.
Quand je donne une mesure de blé pour une mesure de vin c'est que j'ai surabondamment de quoi manger, et que je n'ai pas de quoi boire ; et que celui avec qui je traite est dans le cas contraire.
Quand nous sommes plusieurs qui nous soumettons à faire un travail quelconque en commun, soit pour nous défendre contre un ennemi, soit pour détruire des animaux malfaisants, soit pour nous préserver des ravages de la mer, d'une inondation, d'une contagion, soit même pour faire un pont on un chemin, c'est que chacun de nous préfère l'utilité particulière qui lui en revient, à ce qu'il aurait pu faire pour lui-même pendant ce temps. Nous sommes tous satisfaits dans toutes ces espèces d'échange, chacun de nous trouve son avantage dans l'arrangement proposé.

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