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Obama ou Romney ? Peu importe...

Obama ou Romney, peu importe. Le président américain n'a pas un si grand poids que cela, malgré les apparences. 

Sur le plan sociétal, l'essentiel se joue au niveau des États, dans les référendums notamment. Les électeurs de 38 États vont se prononcer sur 176 mesures portant notamment sur :

La réforme du système de santé (Alabama, Floride, Montana, Wyoming) ; le mariage des homosexuels (Maine, Maryland, Etat de Washington) ; la possession de marijuana pour consommation personnelle (Oregon, Colorado et Etat de Washington) ou l'utilisation de la marijuana à des fins médicales (Arkansas et Massachusetts) ; l'interdiction du financement public de l'avortement (Floride) ; le suicide médicalement assisté (Massachusetts) ; l'abolition de la peine de mort (Californie) ; la signalisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les produits alimentaires (Californie).

Par ailleurs, onze des 50 Etats votent pour désigner leur gouverneur. Aujourd'hui huit de ces onze Etats sont aux mains des démocrates mais les sondages suggèrent que le Parti républicain pourrait en remporter jusqu'à quatre (Caroline du Nord, New Hampshire, Montana et Etat de Washington). Déjà au pouvoir dans 29 Etats, le parti de Mitt Romney pourrait le 6 novembre obtenir au total 30 à 33 postes de gouverneur.


Sur le plan économique, la culture américaine a une extraordinaire capacité de résilience à la crise. Je voudrais citer à cet égard un article de Guy Sorman qui résume assez bien la situation : 
La campagne aux États-Unis aura entièrement gravité autour de la capacité supposée du Président sortant ou de son rival de relancer la croissance et d’accroître le nombre des emplois, emplois de qualité et bien payés, il va de soi.
Belle imposture écrit Guy Sorman :
Car un Président américain sortant ou entrant ne crée pas d’emplois du tout en dehors de la fonction publique fédérale : au mieux, il suscite des conditions favorables aux entreprises qui recrutent (...) les Présidents détruisent l’emploi plus qu’ils ne le créent par les incertitudes que leurs initiatives font peser sur l’avenir, par l’excès des prélèvements publics et avant tout, par le délire des réglementations environnementales et sociales, environnementales surtout.
Et malgré ses Présidents passés et à venir, l’économie américaine se porte tout de même mieux que l’Europe. La raison tient à une culture économique sur laquelle les gouvernants de Washington ont au fond peu d’influence :

Le principal ingrédient de ce capitalisme américain est l’innovation. (...) Milton Friedman observait en son temps qu’il était difficile d’empêcher les Américains d’entreprendre : les politiciens s’y emploient mais même Obama, avec son fort tropisme social démocrate n’y sera pas parvenu. On pariera donc qu’en 2013, quel que soit le prochain Président américain, les États-Unis dépasseront 2% de croissance et que le chômage descendra en dessous de 8,5%, qui sont les chiffres présents.




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