Accéder au contenu principal

S'approcher de l'absolu dans l'art


« Sans la musique la vie serait une erreur » écrit Nietzsche dans le Crépuscule des Idoles.

On peut s'immortaliser dans la philosophie mais aussi dans l'art et tout particulièrement dans la musique. Le jazz fusion est une musique à la fois contemporaine et peu connue. Tout le monde connaît le jazz et tout le monde connaît le rock. Mais la fusion des deux, avec le génie d'un Miles Davis, c'est quelque chose qui vous fait toucher l'absolu, le sacré, le sublime en tout cas (c'est-à-dire ce qui nous dépasse par sa force et sa majesté).

Nietzsche encore, dans Humain, trop Humain, décrit l’effet que peut avoir sur lui la musique :
« ... on est subjugué, envoûté et presque fondu en extase. »
Et Hegel : "La musique exprime tous les sentiments particuliers, toute les nuances de la joie, de la sérénité, de la gaieté spirituelle et capricieuse, l’allégresse et ses transports, comme elle parcourt tous les degrés de la tristesse et de l’anxiété. Les angoisses, les soucis, les douleurs, les aspirations, l’adoration, la prière, l’amour deviennent le domaine popre de l’expression musicale."
Hegel, Leçons d’esthétique

"Si l’on admet que Dieu est le créateur des Formes, on acceptera peut-être l’idée que la musique puisse parfois prendre rang, aux côtés de la philosophie, pour être une inattendue, mais efficace ancilla theologiæ, servante de la théologie. Qui n’a entendu certains morceaux de Bach, où passe toute l’énergie morphogénétique du monde, comme des sortes de preuves sui generis de l’existence de Dieu ?"
Philippe Némo, "Le Monde de la Musique", N°288, (pp.36-46), juin 2004.

Ce que dit le philosophe Philippe Némo à propos de Bach, je peux le dire aussi quand j'écoute Pat Metheny ou Lee Ritenour. Je suis allé écouter Pat Metheny Group en concert le 3 juin au Palais de Congrès et je vais au New Morning le 22 juillet pour le concert de Lee Ritenour and Friends.

Ce sont deux virtuoses, qui ont tous deux commencé à jouer très jeunes. A 50 ans ils ont déjà 30 ans de carrière derrière eux. 2 guitaristes entourés de musiciens exceptionnels : Lyle Mays, Patrice Rushen, Abe Laboriel... Ce sont des créateurs au sommet de leur art. Leurs sons se reconnaissent entre mille. Impossible de ne pas reconnaître le son Pat Metheny ou le son Lee Ritenour quand on l'entend. Ils ont inventé un univers musical, une forme d'expression unique, avec ses propres règles.
Au cours de l'été, je profiterai des vacances pour en reparler et donner quelques clés pour s'initier à cette musique peu connue du grand public.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Citation de Saint Augustin sur la loi

Saint Augustin est cité dans la joute finale du film The Great Debaters . Voici la citation complète : « Oserons-nous dire que ces lois sont injustes, ou plutôt qu’elles ne sont pas des lois? Car à mon avis, une loi injuste n’est pas une loi. » Saint Augustin, Traité du Libre Arbitre , chapitre V A lire : Treize notions-clés chez saint Augustin On trouve aussi cette citation dans un passage de Martin Luther King Jr. :

James Buchanan et la théorie des choix publics

James Buchanan, lauréat du prix Nobel d’économie en 1986, vient de décéder à l'âge de 93 ans, est l’initiateur de l’économie des choix publics (ou analyse économique de la démocratie). Publié en 1975, Les limites de la liberté : entre l’anarchie et le Léviathan a donné à cet économiste américain sa place parmi des philosophes politiques tels que John Rawls ou Robert Nozick, en tant que « contractualiste ». Pour l'occasion, nous republions cet article de vulgarisation écrit l'an dernier. Par Damien Theillier Elections, piège à cons ? Selon la théorie des choix publics, développée à l'Université George Mason de Virginie par les professeurs Gordon Tullock et James Buchanan, les élections font partie intégrante d’un marché politique. Les acheteurs de ce marché, les électeurs, recherchent des faveurs et des privilèges du gouvernement. Les politiciens sont les fournisseurs de ces faveurs et de ces privilèges, dans le but de satisfaire les intérêts de la majorité.

Peut-on en finir avec les préjugés ?

Peut-on en finir avec les préjugés ? (sujet 2007 du bac de philo TES) Un préjugé précède tout jugement et constitue l'opinion ayant fait l'économie de l'activité délibérative de la raison. Préjuger, c'est opiner avant même de juger. On comprend donc que les préjugés n'aient pas bonne réputation. Pourtant, est-il certain qu'il faille nécessairement les dénigrer ? La solidité des préjugés, leur force, capables d'orienter la pensée, n'ont-elles vraiment aucune vertu ? En un mot, si les préjugés peuvent mettre en échec la raison, ne constituent-ils pas aussi ce qui nécessairement fonde son exercice ? Croire qu'on peut en finir avec les préjugés, n'est-ce pas opter pour un nouveau préjugé ? N'y a-t-il pas un préjugé rationaliste que de croire que la raison pourrait avoir toujours raison ? Ce sujet nous renvoie à la question de savoir si l'on peut tout démontrer. I° On ne peut pas en finir avec les préjugés Car nos préjugés sont a...